jeudi 15 octobre 2015

Nouvelle: L’IVROGNE DE SAKHT’R


Roche enneigée
Bonjour bonjour. Oui je suis un peu en retard. Enfin. Aujourd’hui, j’aimerais revenir sur l’histoire de ce blog. Pour tout vous dire, je reviens d’une période de deux ans de panne sèche. J’ai bien essayé d’écrire quelques petites choses pendant ce laps de temps, mais rien n’était convainquant. C’était un peu comme si toute inspiration avait était retirée de mon petit cerveau. Ces deux ans ont succédé les deux décès lié à ce que j’avais écris dans Armstrong. Et je m’étais persuadé au bout d’un moment que je ne réécrirais plus jamais de ma vie. Alors, je me suis dit que j’allais créer un blog pour y poster tous mes textes inachevés et mettre tout ça derrière moi, pour faire mon deuil de cette activité en quelque sorte. Au moment où je créais les Carnets, je me suis mis devant une feuille blanche… Et j’ai écris. J’ai écris vraiment, sans m’arrêter. Et même si je ne suis pas satisfait de ce texte, il rend quand même pas mal. Avant de me remettre à Armstrong et Willen’s Craft, je vous propose de lire aujourd’hui la première nouvelle que j’ai réussi à écrire après mon trou noir. C’est assez parlant.

Attention, ce texte, contrairement aux autres possède une thématique extrêmement adulte, vous  voilà prévenus.


* * *


            La neige tombait, éparse comme les étoiles. Ce n'était plus là ces flocons laineux qui recouvraient tout en quelques heures. Il faisait si noir. Les nuages ne laissaient que de temps à autre une bribe de ciel nocturne scintiller au travers de leur voile. Des colonnes de vapeur grise hantaient les toits de la bourgade, glissant sur les bardeaux en écailles de serpent, avant de se dissiper en rejoignant le ciel. Des gouttelettes d'eau glacée ruisselait le long des murs et des poutres. Dans les rues, la neige était tantôt pure tantôt réduite en bouillie et mélangée à la boue. De nuit, ce sol était un piège redoutable. Des hommes parfois, titubaient en glissant. Les seules lumières chaudes étaient jalousement retenues derrières des portes closes et des volets fermés. Les derniers gros manteaux de laine barbus tentaient de rentrer chez eux sans encombre, parfois accompagnés de grands chiens blancs aux pattes sales. Parmi ces ultimes silhouettes encore debout était celui que l'on nommait Taran, ou "Tran" comme disaient les Idoriens. Il était plus grand et plus élancé que les locaux. Plus négligé aussi. Les lueurs sous ses paupières vous fixaient comme si tout lui était dû. Et il était si semblable à un loup errant que des femmes avaient même juré avoir vu des crocs saillir derrière ses lèvres. Aucune âme ne savait d'où il venait.
            Dans sa barbe étaient coincés de la boue, du sang, de la neige. Sa peau par endroit se pelait, se creusait, à cause du vent. Il puait tellement que l'on pouvait sentir son odeur rance à vingt pas. Il soufflait de la vapeur par la bouche comme le dragon. Une ombre se dessinait sur sa joue gauche. L'étranger marchait du même pas que ceux qui ne sentent déjà plus le bout de leurs pieds. Le froid humide a une façon extrêmement vicieuse de s'emparer de vous. Il vous caresse, il vous contrôle, il vous mange. La léthargie allait bientôt remonter le long de ses membres. Et les bribes de ses jambes qui n'étaient pas encore engourdies étaient consumées par une douleur proche de la glace. Ses muscles se débattaient en frissonnant et même si une chaleur tangible occupait encore son estomac, il savait que ce n'était qu'une question de temps avant que ses épaules confortablement emmitouflées ne se fassent doucement envahir. Déjà, il avait conscience au travers de sa cape en laine, des flocons accrochés aux fibres grises qui se changeaient en minuscules billes d'eau. Cette douceur presque étouffante sous ses vêtements chauds n'était qu'éphémère.



            C'était le désavantage d'en être réduit à vagabonder dans un pays dont on ne connait presque pas la langue, on ne peut jamais être sûr de personne. Même s'il était vrai qu'il n'évoluait pas dans un cercle où la fiabilité était de mise. Les coups fourrés dans le monde du marché noir étaient monnaie courante. S'il avait su qu'on ne lui refilerait pas sa paie, il n'aurait probablement pas autant bu. Une paire de pichets, était-ce trop ? Ce n'était pas du vin qu'ils servaient dans ce taudis, ça il pouvait vous le garantir. Ce souvenir seul faisait trembler sa mâchoire. Il avait assez d'argent pour tenir peut-être deux jours, en partant du principe qu'il ne louerait pas de chambre. On l’avait chassé de son logement illégitime la nuit précédente. Il pouvait tenter de se faufiler dans un grenier, oui mais lequel ?

Les Idoriens montraient plus de compassion envers les chiens et les infirmes plutôt qu'envers des gens comme lui. Il ne pouvait pas partir, il ne pouvait pas rester. Il continuait à marcher près des murs pour conserver le peu de chaleur qui lui restait. Peut-être que s'il se coupait une main, une famille le prendrait en pitié et l'accueillerait chez elle. Mais ensuite, que ferait-il ? Ses yeux ne rencontraient que des espaces gelés et des portes verrouillées.

            La nuit s'avançait. Après avoir tourné en rond et sillonné les rues, il n'avait toujours pas repéré le moindre refuge convenable. Il avait à présent tellement froid que les simples frictions du tissu à l'intérieur de ses cuisses commençaient à l'endolorir à chaque pas. Probablement encore porté par la douce folie de l'alcool, l'angoisse n'avait pas commencé à faire son chemin. Ou peut-être qu'il avait été trop vidé par les années d'errances pour en avoir cure. Son regard se dirigeait de plus en plus vers le ciel, vers ces flocons qui remplaçaient les étoiles. Leurs danses le fascinaient. Et s'il devait mourir de froid, Taran préférait que ses dernières heures se passent dans un décor loin de la boue et des eaux usées.
   Au carrefour suivant, il profita de piliers de bois pour rejoindre le premier toit. Il manqua de déraper à quelques reprises, mais l'homme était trop expérimenté pour se laisser impressionner par quelques poutres glissantes. À chaque contraction, ses muscles brisaient leur engourdissement pour le rappeler à la douleur lancinante que lui imposait la température. Et à chaque peine que ses bras et ses jambes subissaient, son esprit se troublait, jusqu'à ce que le vol des constellations blanches soit le seul guide de ses pensées. Il s'arrêta et se redressa sur le toit le plus haut du quartier. Les bruits étouffés de la rue s'étaient complètement dissipés et il n'entendait plus que le faible souffle de l'air face à son propre coeur, sa propre respiration. Ses poumons étaient en feu. Sa vision se brouillait. Tout semblait avoir adopté la couleur de la roche. Le bourg de Sekhtar s'était figé et la neige possédait cet étrange pouvoir qui transformait les bâtiments des hommes en simples jouets. Plus rien ne semblait réel.

            Il réalisa qu'il n'était qu'à un bloc de la place forte. On distinguait dans le noir le mur d'enceinte et derrière, la solide haute maison de bois où vivait le Seigneur. Il n'avait jamais escaladé les pierres de la muraille. C'était peut-être l'occasion. Il ne pouvait pas demeurer immobile dans ce froid.

   Profitant de l'obscurité extrême, il courut comme un forcené pour sauter sur le toit suivant, sans craindre la glissade et l'horrible chute qui l'attendait s'il manquait sa prouesse. Son estomac se cramponna au reste de ses entrailles jusqu'à ce que ses pieds rencontrent les bardeaux en un bruit sec. Il s'était retrouvé accroupi et avança ensuite comme un chien en embuscade. Il ne cessait de regarder autour de lui. Les populations pensaient inexplicablement que c'était une bonne idée de construire des habitations collées contre des remparts. L'ombre prit son temps pour étudier cette ligne qui taillait dans la masse du paysage. Pas de ronde, ils devaient être à l’abri dans les bastions, cette bande de fainéants. Le guetteur, ou tout du moins ce qu'il en voyait, était tourné vers les plaines. Il ne prenait pas garde à ce qu'il se passait de son côté. Une aubaine. Il jeta un dernier coup d'oeil à ses mains pour vérifier que ses doigts n'étaient pas tombés. Il ne les sentait plus du tout. Il souffla de l'air chaud dans ses poings avant de reprendre de l'élan pour un second saut. À chaque pas de sa course, plus rapide que le précédent, il croyait entendre une douleur crier dans sa tête. Ses tempes battaient.
Motif Fantasy clair

   Il se propulsa et retomba face contre planche, luttant désespérément pour ne pas glisser du toit en pente. Ses pieds gigotaient pour reprendre appui. Il se traîna tant bien que mal jusqu'à ce que le vide ne le menace plus. Si cela n'avait pas alerté les gardes, rien d'autre ne le ferait. Il se recroquevilla contre le mur et attendit immobile quelques secondes.

            Rien. C'était le silence le plus total. Il ne put s'empêcher de sourire. Ragaillardi par sa réussite, il entama directement l'escalade des gros blocs de pierre ajustés et taillés grossièrement. Il insulta à plusieurs reprises ses doigts gelés qui ne semblaient pas vouloir lui obéir. Pourtant il se débrouilla pour parvenir en haut du rempart en moins d'une minute, sans un seul faux pas. Les battements accélérés de son coeur semblaient lui donner une vie nouvelle, malgré l'humidité, malgré la nuit. Son corps luttait contre le néant et sa vision était pour le moins brumeuse. Il enjamba les créneaux, et avança en se baissant. En bas, il avait aperçu une écurie face à la cour. Cela signifiait de la paille et de la chaleur. Avec un peu de chance, il se réveillerait assez tôt pour échapper à la vigilance des maîtres de maison. Une pensée un peu trop optimiste à son goût, mais peu lui importait. Taran rejoignit l'escalier de bois aussi rapidement que possible. Il descendit les marches si vite qu'il crut soudain qu'il allait dégringoler. Une fois ses deux pieds au sol, il dut hélas se raviser et se tapir dans l'obscurité opaque que lui fournissait la structure en bois. Il y avait du mouvement dans la cour. Des sons, des grincements. Une ombre fantomatique, surgie de nulle part, traversait le décor gelé, encapuchonnée par un tissu bleu, d’une teinte qu'il n'avait jamais vue auparavant. Des bras nus et bien taillés, se réunissaient comme des branches noires autour d'une forme ronde. On distinguait faiblement les poils d'une peau de loup entourant sa taille.

            Elle se déplaçait lentement, calmement, on aurait dit qu'elle glissait. Tout autour, les flocons de neige s'étaient mis à tinter. Les pupilles de Taran se dilatèrent. La silhouette était si sombre qu'il avait d'abord cru à un ancêtre s'étant extirpé des entrailles de la roche pour revenir parmi les vivants. L'idée lui agrippa le coeur et l'immobilisa entièrement jusqu'à ce qu'enfin, il se rende compte d'où venait le son cristallin qui accompagnait sa présence. Une chaîne reliait ses deux chevilles pour entraver sa course, un sort uniquement réservé aux prisonniers de guerre. Il prit une grande inspiration. L’ombre était allée à l'autre bout de la cour afin d’y déposer la cruche qu'elle transportait sur le rebord du puits. Elle ne pouvait pas le voir, alors, il se dégagea de son rideau de ténèbres et prit le risque de s'avancer. Des détails commençaient à lui apparaitre. Elle n'avait pas l'air jeune, elle n'avait pas l'air vieille. Ses épaules étaient robustes. Lorsqu'elle se saisit de la corde au dessus du gouffre, ses manches reculèrent, laissant leur place à une peau ferme, aussi noire que l'écorce de pin. Il n'en croyait pas ses yeux. Il marchait à présent sans s'en rendre compte. Pendant qu'il l'observait, une barrière immatérielle céda en son sein, et quelque chose se manifesta dans sa poitrine. Une boule, qui, après lui avoir broyé les poumons, remonta dans sa gorge et menaçait de lui briser la mâchoire. Jamais il n'avait vu de sourcils si hauts, jamais il n'avait vu un tel air de dignité sur une servante, jamais il n'avait vu d'yeux si noirs. Tout cela ne pouvait pas être. C'était impossible. Lui était un homme libre, vivant dans la rue. Et elle… Il se demanda alors s'il ne s'agissait pas d'un signe. La frustration s’accumulant dans sa mâchoire, dans sa gorge, dans sont thorax, on eut dit qu’une carapace de métal brulant s’étendait sous sa peau. Une servante.
            D’un coup, il tressaillit. Il s’était perdu dans ses chimères et sans y prendre garde, était arrivé presque à côté d'elle. Son visage s'était tourné et les deux tâches noires le fixaient comme on fixe un rat, indésirable et perdu dans une cuisine. Elle resta immobile très peu de temps, puis continua à remplir la cruche d'eau froide, sans plus lui prêter attention. Ce geste inattendu vînt nourrir encore un peu sa confusion. Elle l'ignorait. Emporté par l’élan de son âme, l'intrus leva une main tremblante vers les pommettes brunies et du bout de ses doigts, entra vaguement en contact avec la peau de son visage. Il était si engourdi qu'il put à peine la sentir. Aussitôt, elle chassa son geste d'un revers de main, avant de lui jeter un regard hautain et intraitable. Il pouvait presque entendre sa voix dans sa tête:
   "Je suis occupée. Tu gênes."

            Ceci, plus que tout autre chose, transforma sa crispation en une forme de rage. Son corps entier se réveilla. Il s'agrippa alors à son cou et la poussa dans son élan jusqu'au mur opposé, qu'ils heurtèrent ensemble une seconde plus tard. Taran était en train de brûler. Ses boyaux se fondaient dans les flammes, et il allait l'emporter avec lui dans l'humiliation de ce bûcher invisible, jusqu'à ce que la douleur se dissipe et qu'au petit matin, les gardes ne retrouvent d'eux qu'un tas de cendres. Une servante. Lui était noble sur des dizaines de générations… Une servante. Ce n’était que justice. Il enfonça trois de ses doigts de part et d'autre de sa trachée, il la tenait comme avec une pince et il n'hésiterait pas à broyer son souffle si elle s'avisait de crier. Elle émit un raclement étouffé avant de saisir brutalement à deux mains le poignet de son agresseur, en une veine tentative pour se sauver. Dans l’obscurité de ses pupilles, l'arrogance avait cédé à la panique. De son pied droit, il marcha sur la chaîne, immobilisant ses jambes. La chaleur de son corps irradiait la paume de sa main. Il en avait besoin, pour nourrir ses flammes intérieures, pour en finir plus vite avec la douleur de ses muscles. Il voulait absorber cette chaleur, il devait sentir celle-ci sur son entre-jambes, il fallait absolument exterminer la dernière lueur de rébellion de ces yeux noirs. Il se faufila entre ses cuisses, sans relâcher la pression sur la chaîne au sol. De sa main libre, il alla tirer sur le pan de tissu bleu pour remonter sa robe.

            Pendant qu'il se forçait un chemin jusqu'à sa cuisse, il sentit l'une des paumes ardentes changer de position le long de son bras. Un pincement entre son pouce et son index le prit par surprise et une douleur absolument foudroyante traversa sa chair, tout autour de cette pression. Elle appuyait sur ce point précis de toutes ces forces et il n'eut d'autre choix que de la relâcher. Loin de vouloir s'éclipser, sa tête se rapprocha et vînt le heurter en plein visage. Un deuxième coup dévasta son estomac, avant qu'elle ne le repousse. Il n'eut pas le temps de réagir. Il fit quelques pas en arrière, un filet de bave pendu à ses lèvres. Elle le regarda bien en face et de son poing, frappa le côté gauche de sa mâchoire à grande vitesse, là où se trouvait déjà un bleu. Cette fois, Taran dérapa et son dos vint heurter le parterre congelé. Sa nuque ne fut pas épargnée par le choc. Il resta allongé là, ignorant s'il était conscient ou partiellement assommé, un sifflement atroce perçant ses oreilles. Peu à peu, il revît des étoiles briller devant ses yeux. Il se demandait s'il s'agissait des astres que les nuages avaient découverts ou de minuscules flocons suspendus dans les airs. Au loin, il entendait le tintement calme et régulier de la chaîne qui s'éloignait. La douleur était trop vive pour qu'il tente le moindre mouvement. Il n'en avait pas envie. Il laissa son corps fusionner avec la terre, perdu dans le noir parsemé de points blancs. Son souffle dessinait des volutes fumantes qui brouillaient encore un peu sa vision. Il avait perdu toute notion de temps, mais après ce qui avait dû être plusieurs minutes, un visage dur et casqué apparut au dessus de lui, accompagné par ce qui ressemblait à une pointe de lance.
   _ Je vais avoir des ennuis, hein ?
Le hochement de tête de ce garde fut on ne peut plus explicite.
            Taran dessoûla à l’abri, enfermé dans un solide cachot aux murs de pierre. Le lendemain matin, il fut condamné à une vingtaine de coups de bâton pour avoir voulu endommager la propriété du Seigneur Vheist.

Parterre de neige



* * *


Cette nouvelle est problématique pour plusieurs raisons. D’ailleurs je ne suis même pas certain de vouloir en rester là. C’est très étrange.

Après relecture, je me suis rendu compte que Taran était probablement inspiré de ce type que j’ai rencontré dans un pub après mes cours de fac. Il était encore tôt dans la soirée mais il était clair qu’il était totalement imbibé, si vous voyez ce que je veux dire. Il engage la conversation et au bout de peut-être une demi-heure, il m’avoue quelque chose de complètement ahurissant. Il a eu des ennuis avec la justice parce qu’il a tenté de frapper et violer sa copine de l’époque. Plus bizarre encore, il avait complètement conscience de la gravité de son geste et il ne pensait pas un jour faire quelque chose d’aussi horrible.


Au delà du fait que c’est le genre conversation qui me met vachement mal à l’aise, s’il dit la vérité, qu’est-ce qui a pu se passer dans la tête de ce type pour faire un truc aussi dément, alors que lui-même avait conscience d’à quel point c’était cruel ? Ce texte était peut-être une tentative à retardement de comprendre le processus. Et je pense que j’ai échoué.

EDIT: Je viens de me rendre compte que ce n'était peut-être pas idiot de rajouter un disclaimer au début.

Réactions :

6 commentaires:

  1. C'est vrai que c'est assez différent de ce que tu écris habituellement.

    J'ai du mal à comprendre comment cet homme qui se sent repoussé, qui est mis en marge et qui n'a rien, arrive à trouver que quelqu'un lui est inférieur. La servante n'est que servante. Ce ne serait que justice de la violer. Pourquoi ? Il est bizarre. Effectivement, il y a une ressemblance avec l'homme dont tu parles à la fin. C'est juste dommage que tu n'aies pas créé de réponse à son comportement – ou que tu ne sois pas parvenu à nous la transmettre dans le texte.

    Certains passages sont intrigants, d'autres un peu moins. On a parfois l'impression d'avoir affaire à un vieil ivrogne comme on en voit trop souvent sur les bancs des centres ville, mais il nous apparaît aussi comme un ninja quand il parvint à escalader les murailles malgré le froid, la nuit et l'alcool ! C'est peut-être un peu gros.

    J'aime assez l'idée qu'il se sente en position de pouvoir par rapport à la femme qui parvient, contre toute attente, à le maîtriser. Elle le met KO et s'en va, tout simplement. C'est cool. Elle n'a pas l'air d'une servante par contre, elle semble un peu trop sûre d'elle et hautaine pour ça, je pense. En même temps, le contexte n'est pas très bien défini. On ne sait pas si l'on se trouve à l'époque actuelle, dans un pays où il y a encore des seigneurs, ou à une époque plus médiévale par exemple.

    Bref, même pour une nouvelle, ça manque un peu d'informations. Et on reste sur notre faim à la fin ^^

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    1. Ca fait trois fois que je réécris ce commentaire, j'en ai marre. Blogger, je te hais.

      Je vais la refaire en plus court.

      Le champs lexical dès le début du texte oriente vers quelque chose de médiéval. Le texte en lui-même est fait pour être vague. C'est au lecteur de remplir les blancs.

      Je ne pense pas qu'il y ait de réponse rationnelle. Juste de la frustration. Techniquement, lui aussi est arrogant. Cette femme, d'une certaine manière est censée être en dessous de lui sur l'échelle sociale. Or c'est l'inverse ici. Elle n'a pas froid, elle n'a pas faim. Elle vit à l'abris. Pire, elle est hautaine. Pourquoi ça le touche aussi durement ? C'est tout la réflexion du truc.

      Cela dit, je ne me souviens pas d'avoir dit que Taran était vieux. Sa capacité est certainement lié à son travail. J'ai parlé du marché noir au tout début. Il se peut qu'il soit un voleur, un contrebandier, un assassin d'opérette… À vous de choisir, ce n'est pas les possibilités qui manquent.

      Pour ce qui est de la femme, clairement ce n'est pas une servante. On l'appelle "la propriété de Seigneur" et il est clairement dit que c'est une captive. De ce point de vue, il est possible que ce soit une esclave. Pourquoi a-t-elle était ramenée d'une campagne de guerre ? Mystère.

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  2. Salut,
    C'est vrai que ce texte est différent, même ta façon d'écrire n'est pas tout a fait la même, moins centré sur l'action, plus descriptive. J'ai bien aimé, on ressent bien l'ambiance, sans non plus être submergé de détails

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    1. Merci. Je reviendrais peut-être un jour sur ce texte, qui sait.

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  3. Comme promis sur l’Allée, je suis venue lire cette nouvelle ^^

    Je n’avais encore jamais lu aucun de tes textes mais j’avoue que ton style d’écriture me plaît : il est fluide et tu t’en sors vraiment bien avec les descriptions :)

    Bon, j'en viens à l'histoire ^^ :
    Au départ, on éprouve quand même de la sympathie pour le personnage de Taran, qui est rejeté (et on se pose beaucoup de questions : pourquoi est-il rejeté ? Qui est-il pour arriver à sauter sur les toits comme ça ? Etc.), mais après, on est plutôt surpris : pourquoi a-t-il fait ça à cette servante ? Pourquoi la juge-t-il inférieure alors qu'il est au plus bas ?
    J’aurais d'ailleurs bien aimé connaître ses pensées après avoir dessoûlé, pour voir s’il a conscience de ce qu’il aurait pu faire, ce qu’il en pense.

    Je suis très intriguée par cette mystérieuse servante. Est-elle vraiment une servante ? Son air hautain semble cacher une histoire (que j’ai envie de connaître ^^). En tout cas, j’ai adoré le fait qu’elle parvienne à se défendre seule :)

    En bref, j’ai bien aimé cette nouvelle et je suis d’avis qu’elle mérite une suite ;)


    Rose

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  4. Coucou, Yon ! (C'est Pixie de l'Allée des Conteurs...)

    J'avais cinq minutes ce matin, je me suis que j'allais venir découvrir ta prose (ça doit faire juste un mois que je me dis que je dois le faire. ^^)

    J'ai bien aimé cette nouvelle. L'univers que tu esquisses ici paraît très riche et offre de très nombreuses possibilités. D'après ce que tu en dis sur ton parchemin de l'Allée, je suis sûre que tu vas réussir à en tirer le meilleur parti. En tout cas, je comprends que tu souhaites lui donner une suite. J'imagine très bien cette nouvelle prenant place dans une intrigue plus vaste ou dans un cycle d'autres nouvelles qui auraient trait à cet univers.

    Niveau personnage, Taran est un personnage un peu déstabilisant. Au début, il semble facile de le prendre en pitié. Je ne dirais pas qu'il est attachant, mais sa situation marginale lui accorde un certain capital sympathie, surtout qu'on ignore comment il en est arrivé là. Bon, par contre, dans la suite, ça se corse. Difficile de cautionner son geste et de ne pas s'en indigner. Personnellement, ça m'a laissé une drôle d'impression à la fin du chapitre.
    Quant à la servante, je trouve qu'elle a un potentiel énorme, ne serait-ce que par son comportement. On se demande d'où elle vient et comment elle en est arrivé là. (Du coup, je me réjouis d'autant plus que tu aies décidé de creuser davantage cet univers. ^^)

    J'ai beaucoup aimé ton style, aussi. Le texte est vraiment agréable à lire. C'est très fluide, précis, tout en ménageant une marge de flou qui permet au lecteur de se projeter assez facilement dans la nouvelle. J'avais tout à fait l'impression d'être dans cette ville sous la neige (surtout que... dès qu'on parle de neige, je fonds. ^^)

    Bref, c'est une très belle découverte. J'ai hâte d'en découvrir davantage. ;) Bravo !

    Pixie

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